Pascal Picquot soutiendra son mémoire M2 HPDS recherche : 'Le débat sur l'incommensurabilité évalué à l'aune du concept d'organisme  : XVIIe / XXIe'

Le 15 septembre 2014 à la Pagode à 17h.

Existe-t-il des organismes vivants ? Formulée de cette façon, la question peut paraitre provocatrice car chacun voit bien qu’il est entouré d’autres humains, de chats, de chiens, de moustiques, d’arbres, de brins d’herbe… C’est pourtant la question que Michael Ruse avait choisie comme titre à un article dans lequel il examinait la possibilité d’existence dans le domaine du vivant de « quelque chose » qui serait un organisme. Car si le mot « organisme » est un mot commun du vocabulaire biologique avec des milliers d’articles le contenant qui paraissent chaque mois dans les revues scientifiques, le concept d’organisme, lui, fait débat, et ce depuis l’apparition du mot à la fin du 17e siècle. Son sens a d’ailleurs changé depuis la création de ce néologisme il y a un peu plus de trois siècles, comme l’a récemment montré Tobias Cheung, ce qui en fait un bon candidat pour tester l’hypothèse de l’incommensurabilité sur un exemple issu de la biologie au lieu des habituels cas tirés de l’histoire de la physique (mouvement) ou de la chimie (phlogistique) rencontrés dans les articles consultés. Dans les rares articles de recherche du domaine biologique contenant le terme  « incommensurability », ce dernier est dans la limite de ce que j’ai pu consulter, utilisé dans son sens mathématique d’absence de mesure commune.

L’objectif de ce travail est donc de déterminer si le concept d’organisme tel qu’il a été formulé à l’origine dans le contexte de la médecine des Modernes est incommensurable ou pas avec les théories de la biologie contemporaine, la thèse étant que cette étude historique peut fournir des indications sur certains aspects épistémologiques comme les rôles du vocabulaire et de la controverse dans la construction de la rationalité scientifique.

 

 Jury :

- Olivier Perru, Pr. Université Lyon 1, S2HEP

Jonathan Simon, MCF-HDR Université Lyon 1, S2HEP

Sarah Carvallo, MCF-HDR Ecole centrale de Lyon, S2HEP (dir.)

Rapporteur : Thomas Pradeu   MCF Université Paris Sorbonne, IHPST