Jennifer Bernard a soutenu son mémoire M2 HPDS « Lynn Margulis et la théorie endosymbiotique de l'évolution - Apports et controverses ». vendredi 20 juin 2014, à 14h, à la Pagode (la Doua).

Résumé
La théorie endosymbiotique de l’évolution est la théorie selon laquelle les plastes et les mitochondries de la cellule eucaryote proviennent de l’incorporation successive, par un hôte, de bactéries avec lesquelles il aurait entretenu une relation symbiotique. Elle a été formulée par Lynn Margulis (1938-2011) en 1967, réactualisée à plusieurs reprises et vivement débattue. Mais la proposition de Margulis est plus qu’une théorie de l’origine des organites, c’est une théorie de l’origine de la cellule eucaryote dans son ensemble. Sa proposition très audacieuse postule également une origine symbiotique des éléments du cytosquelette partageant la structure en (9+2) microtubules. Touchant au domaine de l’évolution, la théorie va susciter une vive controverse dans les années 1970. À la théorie symbiotique, qui donne un rôle évolutif majeur à l’association d’organismes, s’opposent les théories autogènes, fidèles à une évolution par mutation-sélection. Après resituer l’origine de la théorie symbiotique dans les travaux sur la symbiose dès la fin du XIX° siècle, ce mémoire examine les arguments, critiques et évolutions des différentes théories, montrant qu’au milieu des années 1970, le débat atteint une impasse faute de données génétiques. Les deux théories interprètent les connaissances de leur époque avec des postulats différents sans qu’il soit possible de statuer. La clôture de la controverse, apportée par les méthodes quantitatives d’analyses génétiques est présentée, et la contribution de Margulis au statut actuel de la théorie endosymbiotique analysé.