21-06-11 Thierry Borrel PDF Imprimer E-mail
Soutenance du mémoire M2 HPDS ; Thierry Borrel, « Achille Urbain (1884-1957), l’éthologie prétexte. Un pastorien au Muséum national d’Histoire naturelle ». le mardi 21 juin à 10h, salle Grignard 22B (premier étage de l’ex-bâtiment 301 de biochimie de l’UCBL, La Doua).

Achille, Joseph, Urbain (1884-1957), d’origine modeste, s’engage dès 1903 dans l’armée et sort diplômé en 1906 de l’école vétérinaire de Lyon. Il obtient une thèse ès-sciences naturelles de botanique en 1920, puis travaille au Laboratoire Militaire de Recherches Vétérinaires de 1920 à 1931, tout en collaborant étroitement avec Alexandre Besredka, successeur de Metchnikoff, à l’Institut Pasteur de Paris. Urbain soutient en 1927 sa thèse de doctorat vétérinaire intitulée : « La réaction de fixation appliquée au diagnostic de certaines maladies microbiennes ou parasitaires communes à l’homme et aux animaux ». De nombreux prix de l’Académie de Médecine lui sont décernés pour ses travaux. Urbain entre en 1931 au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, où il devient en 1934 le premier titulaire de la chaire d’« Éthologie des animaux sauvages ». Cofondateur du parc zoologique de Vincennes et préoccupé de protection de la nature dans un cadre national et international, il remplit les fonctions de directeur du Muséum de 1942 à 1949.

Savant éclectique, spécialiste reconnu de botanique, de microbiologie médicale et vétérinaire, homme de laboratoire passionné, il est aussi un intrépide voyageur, un protecteur de la nature et un très grand administrateur. Cet homme de science, ambivalent et atypique, qui connut une très grande notoriété de son vivant, est à présent tombé dans l’oubli. Le contexte institutionnel et scientifique, qui fait suite à la révolution microbiologique de la fin du XIXe siècle, est tout d’abord évoqué. Puis le mémoire, après avoir présenté la vie d’Urbain en lien avec ses fonctions de vétérinaire-militaire et de directeur du Muséum, s’attache à analyser ses nombreux travaux scientifiques, relatifs pour l’essentiel à la microbiologie médicale.

La problématique développée dans le mémoire consiste dans un premier temps à démontrer qu’Urbain est un authentique microbiologiste pastorien, puis à essayer de comprendre pourquoi il a choisi une chaire d’éthologie au Muséum, a priori très éloignée de ses aspirations scientifiques. La réponse à la question posée est la suivante : directeur de la ménagerie du Jardin des Plantes et du zoo de Vincennes, Urbain peut ainsi poursuivre ses recherches pastoriennes chez les animaux sauvages, pratiquant donc une véritable « éthologie prétexte ».

Mots clés : Achille Urbain, microbiologie, éthologie, Institut Pasteur, Muséum.